Concert Perché

Les oiSeAuX

 

Les saxophones de Laurent Charles et Lionel Garcin revisitent les relevés de chants d’Oiseaux d’Olivier Messiaen et l’enrichissent de leur propres relevés.

Ils les restituent dans des arbres, en extérieur, au plus proche des éléments naturels.

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© Vincent Capès

 

(…) Les rapports entre la musique et la nature ne sont pas une nouveauté du XXIè siècle : sans remonter trop loin, évoquons pour le XXè siècle Claude Debussy, qui indiquait que la mer et le vent lui avaient donné ses plus belles leçons de musique.

Les oiseaux ont été des messagers ailés de notre aspiration immémoriale vers les éternités célestes, depuis Hermès et ses pieds ailés, jusqu’à St François et Oliver Messiaen.

Ce messie-là arpentait les bois et les champs du siècle passé, conciliant sciences de la nature et de la musique pour opérer la conversion des chants des oiseaux (mais les oiseaux savent-ils qu’ils « chantent » ?) en œuvre d’art.

Depuis quelques décennies, nous voyons émerger tout un courant qu’on pourrait qualifier d’environnementalisto-musical, en prise directe avec les préoccupations écologistes.

Comment participer à une réflexion globale destinée à transformer notre rapport à la nature, nous les urbains insensibles, à laquelle l’art et la musique puissent contribuer fortement ?

Depuis la captation « brute » (mais filtrée par la technologie ) des bruits de la nature, jusqu’aux démarches de composition utilisant les sons naturels enregistrés pour en faire des signifiants inouïs, les musiciens sont de plus en plus nombreux à rejoindre ce courant.

Lionel Garcin et Laurent Charles sont de ceux-là. Pour eux aussi, les relevés révélation de Messiaen ont été un point de départ. Mais le processus par lequel ils enregistrent les oiseaux d’un espace naturel, y mêlent des références messiaenesques, des compositions personnelles, puis des improvisations en direct, produit un magnifique résultat. Leur « performance », perchés à quinze mètres au dessus du sol dans les frondaisons, les amène parfois à un dialogue inopiné avec des oiseaux d’espèces très variables, égarés dans leurs appels par les leurres efficaces des créations sonores de Lionel Garcin et Laurent Charles.

Entre humanité et animalité, la musique se promène entre les branches, pour notre trouble émerveillé d’enfants jamais oubliés. (…)

Frédéric DEVAL Royaumont, 27 janvier 2014

Vidéo 5 : 11

Captation dans la forêt de Saoû

©Gérard Fabbiani

Téléchargez le projet : les-oiseaux

Les OiSeAuX : ici Article de presse festival Le Revivre des Oizeaux – Arles (13), mars 2018

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Concert Perché

La Grande Volière

Tout comme pour Les oiSeAuX, dans La Grande Volière, le vocabulaire – écritures et improvisations – est issu d’une exploration du langage des oiseaux, en relation à l’environnement sonore du lieu et joué dans les arbres à grande hauteur.

La Grande Volière se situe entre animalité et construction musicale humaine.

L’espace acoustique et celui de la forêt étant assez vaste pour que chacun puisse y trouver simultanément sa place, La grande Volière réunit jusqu’à 6 saxophonistes de cultures musicales différentes (improvisation, jazz, musique contemporaine, musiques traditionnelles…).

Au sol, un audio-naturaliste à l’affût pour capter des sons en temps réel et les rediffuser ailleurs dans l’espace ou pour y inviter d’autres paysages sonores en interaction avec les instrumentistes.

La résonance de tout un parc ou d’une forêt est investit, à l’image d’oiseaux d’espèces différentes chantant tous en même temps sans se perturber les uns les autres.

Pour le public aussi bien que pour les artistes, l’écoute est alors le geste même « d’inclure », en opposition à celui « d’exclure ».

 

Lionel Garcin
, Laurent Charles
, Michel Doneda, Violaine Gestalder saxophones soprano

Alexandra Grimal saxophone sopranino

Guillaume Orti  saxophone soprano en ut

Marc Namblard audio-naturaliste, captation et diffusion

La création LA GRANDE VOLIERE est soutenue par la SPEDIDAM

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LA SPEDIDAM est une société de perception et de distribution qui gère les droits des artistes interprètes
en matière d’enregistrement, de diffusion et de réutilisation des prestations enregistrées.

Coproduction : Fondation Royaumont

La Grande Volière, Ici, Article de presse – Balades Randos en France n° 142 mars avril 2018